Divergences et Dialogues

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Divergences et Dialogues

Questions au comité de réflexion

QUESTIONS AU COMITE DE REFLEXION SUR LA MODERNISATION DU STATUT CIVIL DE DROIT LOCAL  

  Aux différentes autorités que nous avons rencontré, tant locales que nationales (élus locaux, préfet, Ministre, commission des lois du Sénat et de l’assemblée nationale…), nous avons toujours dit et répété que les Mahorais veulent être français mais tout en gardant leurs spécificités donc avec leur droit local (comprenant coutume et droit musulman) respecté et appliqué. L’inventaire serait la 1 ère chose à faire si nous étions entendus.

Malheureusement nous constatons que nous n’avons pas été entendu : les chantiers de l’état civil,  de la Justice cadiale, de l’identité législative…continuent dans le même sens de généralisation du droit commun, au risque de sacrifier traditions et religions des Mahorais.        

Il ne nous reste plus qu’à poser des questions et d’attendre les réponses de ces autorités sinon de la population : 

1 – Les musulmans de Mayotte sont tenus de se conformer aux lois de la république. Il arrive néanmoins que ces dernières puissent comporter des dispositions qui soient de nature à heurter certaines sensibilités religieuses (voire même qui soient en contradiction avec la loi coranique).        

L’identité nationale aurait-elle vraiment à souffrir si l’on concédait à la majorité musulmane de la collectivité de Mayotte située à 10 000 Km de métropole, quelques aménagements législatifs ou réglementaires mineurs dans le sens du meilleur respect de ces sensibilités religieuses et des lois coraniques ? 

2 – Pourquoi les Mahorais musulmans, pour être considérés comme, « intégrés » doivent ils renoncer en partie à leur école coranique, à leur état civil, à leur statut particulier, à leur justice, à une partie de leur foi, de leur spiritualité et de leur pratique ?  (Les enfants ont moins de temps pour l’école coranique, les adolescents ont moins de bourses d’études islamiques. On ne demande pas souvent l’avis des « Foundis »…)

3 – Ainsi pourquoi le présent comité qui doit réfléchir sur une matière qui intéresse l’islam, ne comporte t-il pas plus de « Foundis » ? 

4 – Un  comité composé de fonctionnaires, du cabinet ministériel, sont-ils les mieux placés pour donner un avis ou pour décider sur ce que doit être le meilleur statut civil pour les musulmans de Mayotte et partant de ce qu’est le bon islam, de ce que sont les bons musulmans ? 

5 – N’est-on pas là en train de penser une théologie musulmane à la place des Foundis ? 

6 – Aurait-on procédé de la même façon à l’égard des prêtres, des pasteurs et des rabbins ? 

7 – En procédant ainsi quelle considération a-t-on des citoyens musulmans de Mayotte ?          

Voilà quelques unes des questions que je me pose et dont j’attend les réponses. Je souhaite que les membres du comité les auront à l’esprit, au moment de donner leurs avis. 

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